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Benoît Huck

Ecureuil roux de Benoît Huck

Qu'est-ce qui vous a initialement inspiré à vous spécialiser dans la photographie animalière, et comment cette passion a-t-elle évolué au fil du temps ?

 

Benoît Huck : C'est en Normandie, à l'âge de 10 ans, que j'ai commencé à faire des photos avec un appareil argentique. À l’époque, je prenais surtout des photos de paysages, notamment à l’occasion d’un voyage en famille aux États-Unis d'où je suis rentré littéralement fasciné par les grands espaces et les rencontres animalières faites dans les parcs naturels. Ce n’est que bien plus tard que la photographie est revenue dans ma vie professionnelle quand j’ai exercé le métier d’iconographe. Mué par d’autres envies et notamment celle de m’engager davantage pour la biodiversité, j’ai commencé à réfléchir par quel biais y parvenir. La photographie animalière m’est alors apparue comme une évidence. J’ai décidé de passer de l’autre côté de l’objectif et de me former professionnellement à la prise de vue photographique puis de partir sur le terrain pour continuer d’apprendre. C'est notamment sur le continent africain que j'ai eu mes premières opportunités d'observer et de photographier de nombreux animaux dans leur milieu naturel.
Aujourd’hui je vis en Bretagne depuis plus de 2 ans. Je m’intéresse davantage aux espèces locales d’oiseaux et de mammifères que l’on peut observer dans les milieux urbain et forestier et sur le littoral breton.
Ce qui est formidable avec la pratique de la photographie animalière, c’est que l’on apprend à chaque sortie et à chaque rencontre. C’est aussi cela qui m'importe : donner du sens à cette pratique en partageant ces rencontres et en racontant les histoires qui accompagnent certains de mes clichés.

Quels défis spécifiques rencontrez-vous en tant que photographe animalier, et comment les surmontez-vous pour obtenir ces clichés incroyables ?

 

Benoît Huck : Le premier défi que je rencontre est celui du dérangement. On a beau prendre beaucoup de précautions, que ce soit en se renseignant en amont sur les espèces que l’on souhaite observer ou que ce soit encore en se faisant le plus discret possible, nous avons toujours un impact dès que nous mettons un pied dans la Nature où des milliers d’yeux invisibles nous observent. Il faut avoir bien conscience de cela, l’accepter et ne surtout pas insister quand les conditions ne sont pas réunies ou que l’on a malheureusement perturbé une espèce. C’est pourquoi il est primordial de faire beaucoup de repérages, avec des pièges photos par exemple, et de bien connaître les animaux que l’on veut photographier pour limiter au maximum son impact.

Un autre défi est la technique. Il est important de bien connaître les différents réglages de son matériel pour réagir au plus vite et ainsi capter les scènes de vie sauvage.

Enfin, la photographie animalière s’est beaucoup démocratisée ces dernières années. Avec les réseaux sociaux, il y a une abondance d’images et ce n’est pas toujours simple de s’y retrouver. Cela peut être une source de doute comme une source d’inspiration. Je pense qu’il faut être d’accord avec cela et continuer de travailler pour trouver sa « patte » et la manière dont on veut transmettre ses images.


Ayant la volonté de déranger le moins possible, je me renseigne toujours au préalable sur les animaux que j’espère observer et photographier si les conditions sont favorables. Certaines images sont le résultat de nombreuses heures passées sur le terrain après un long travail de repérage afin d’être le plus respectueux possible de la biodiversité. Toutes les espèces que je photographie sont libres et sauvages et je ne travaille qu’en lumière naturelle.Pour compléter cette démarche de sensibilisation, je suis devenu animateur pour transmettre et partager cette passion de la Nature et des animaux à tous les publics, notamment avec ceux qui en sont éloignés.

 

 

En quoi pensez-vous que la photographie animalière peut influencer notre perception et notre relation avec la faune, en particulier dans le contexte des enjeux de conservation actuels ?

 

Benoît Huck : Comme le dit si bien Ansel Adams, un photographe et écologiste américain du 20eme siècle : « Il ne s’agit pas de transmettre une vision, mais de toucher les gens à travers une image. ».

La photographie animalière peut jouer un rôle important dans le regard qu’elle porte sur ce qui nous entoure. C’est dans une démarche de sensibilisation par « le beau » que je souhaite m’inscrire. La photographie peut devenir un formidable outil d’échange pour parler de certaines espèces et pour aborder les questions de conservation actuels. En savoir plus sur les animaux et la biodiversité en général donne davantage envie de les respecter et de les préserver.

Qu'est-ce qui, selon vous, rend les écureuils roux si captivants pour les photographes, et avez-vous une expérience particulière ou une histoire amusante liée à la capture d'images d'écureuils roux ?

 

Benoît Huck : Les écureuils roux sont des animaux fascinants avec un capital sympathie pour bon nombre de personnes. Ils sont facétieux et, avec leur hyperactivité, ils ne sont pas toujours faciles à immortaliser avec l’objectif.

Les écureuils roux sont également très intéressants à observer, que ce soit dans leur manière de se déplacer, de se nourrir ou encore quand ils interagissent entre-eux ou avec d’autres espèces d’oiseaux par exemple. Concernant une histoire vécue avec cette espèce, je peux vous raconter la fois où, alors que j’étais en train de photographier des petits passereaux aux abords d’une mare, un écureuil est arrivé d’un coup et s’est mis à nager, vraisemblablement à la recherche de nourriture, et sur le moment je n’ai pas vraiment compris ce qu’il se passait. J’ai alors découvert que ces animaux étaient également de très bons nageurs en plus d’être d’excellents grimpeurs.

En quoi pensez-vous que vos photographies peuvent influencer notre perception de la relation entre l'environnement naturel et les hommes ?

 

Benoît Huck : Il faut avoir conscience que nous cohabitons avec d’autres espèces animales et qu’il est important, à mes yeux, d’avoir cette vision systémique de l’environnement.

Nous, humains, ne sommes qu’un maillon d’une chaîne parmi tant d’autres et dans laquelle chaque élément joue un rôle primordial et nécessaire pour le bon équilibre de l’environnement. La photographie peut permettre de valoriser et de mettre en lumière certains de ces éléments et leur importance comme les animaux.

Je parle souvent de cette notion de cohabitation quand j’échange avec le public lors d’expositions ou d’animations. Nous vivons dans un monde qui nous oblige bien souvent à aller vite et qui nous empêche parfois de voir, d’écouter et de ressentir. La photographie est un arrêt sur image et permet justement de s’attarder sur la beauté de ces espèces bien souvent toutes proches. J’espère que mes photos peuvent susciter une forme d’émerveillement, (re)créer un lien d’attachement avec le Vivant et sensibiliser sur sa fragilité.

De plus, préserver la biodiversité et tous les êtres qui la composent, c’est aussi prendre soin de nous humains car nous faisons partie d’un tout...

Portrait de Benoit Huck

" Cela fait aujourd’hui 6 ans que je pratique la photographie animalière, d’abord en Afrique puis, plus récemment en France et en Europe. Je m’intéresse surtout aux oiseaux et aux mammifères.

Mon approche photographique est avant tout naturaliste et je suis fasciné par les comportements et les interactions qu’il peut y avoir entre certaines espèces. Observer, prendre le temps d’écouter, se fondre dans la nature... c’est à tout cela que je m’applique quand il s’agit d’aller à la rencontre du Vivant."

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