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Nicolas Vaclavik
L'interview

"La photographie animalière a un impact majeur sur notre perception de la nature, car elle permet de capturer des moments d’intimité avec les animaux qui nous échappent souvent.

 

À une époque où l’humanité est de plus en plus déconnectée de la nature, et où la faune est en déclin rapide à cause des activités humaines, il est plus essentiel que jamais de sensibiliser les gens à la beauté et à la fragilité de notre environnement naturel. Les photographies peuvent susciter un éveil émotionnel fort et marquer les esprits."

Quels défis spécifiques rencontrez-vous en tant que photographe animalier, et comment les surmontez-vous pour obtenir ces clichés incroyables ?
Nicolas Vaclavik : Être photographe animalier en Île-de-France représente un défi unique, car nous avons une faune moins dense et moins variée que dans les régions rurales ou sauvages. L'un des principaux obstacles est la difficulté d'observer la faune sans la perturber. La faune urbaine ou périurbaine est extrêmement dérangée par la présence permanente de l'homme et entraine des sorties souvent très tardive pour celle-ci. Il est primordial de respecter l'animal et de ne jamais l'effrayer ou l’interrompre dans ses habitudes naturelles. Cela signifie que je dois être extrêmement patient et discret.


Le défi supplémentaire en Île-de-France est que les espaces naturels sont plus fragmentés et souvent petits, ce qui rend l’observation encore plus difficile. Parfois, il faut passer de longues heures dans une forêt ou un parc à scruter chaque buisson et chaque branche en espérant repérer un signe de vie. Mais c'est justement ce qui rend les moments où l'on parvient à capter un instant rare encore plus précieux. La récompense est d’autant plus grande lorsque, après des heures d’attente, on parvient à observer un animal rare, ou lorsqu’on arrive à photographier un comportement instinctif dans un environnement aussi urbanisé.
 

La clé pour surmonter ces défis est la patience et la persévérance. Je passe souvent beaucoup de temps à apprendre les habitudes des animaux que je souhaite photographier, à étudier leur environnement et leurs déplacements. Cela me permet de mieux anticiper leurs comportements et d’obtenir les images les plus naturelles possible, sans perturber leur équilibre. En somme, chaque photo est le fruit d’un long processus d’observation et d’adaptation.




En quoi pensez-vous que la photographie animalière peut influencer notre perception et notre relation avec la faune, en particulier dans le contexte des enjeux de conservation actuels ?

Nicolas Vaclavik : L'un des grands enjeux de la conservation est la méconnaissance. Beaucoup de gens ignorent l'importance des espèces qui vivent autour d’eux ou sous-estiment l'impact des changements que subit notre planète. Lorsque nous, photographes, présentons la faune dans son environnement naturel, dans toute sa splendeur, nous offrons une fenêtre sur un monde souvent invisible. Les photos peuvent toucher profondément les gens, créer de l’empathie et de la compréhension, et susciter un sentiment de responsabilité.
En montrant la beauté et la diversité des espèces, nos images deviennent un outil de sensibilisation. Elles peuvent inciter les gens à repenser leurs comportements, à être plus respectueux de la nature, et à soutenir les initiatives de conservation. Dans le contexte des enjeux actuels — le changement climatique, la perte de biodiversité, la destruction des habitats — la photographie animalière joue un rôle crucial en rendant ces problématiques plus visibles et plus tangibles. Pour moi, chaque photo est un message, une invitation à protéger ce que nous avons encore. Cela permet aussi de rappeler que l’humanité et la nature ne doivent pas être perçues comme deux mondes séparés, mais comme des entités interconnectées, dont le bien-être dépend de l’harmonie entre elles.
D'ailleurs la série de photo intitulé "Petits lutins malins" que j'ai présentée durant 3 ans sur différents festivals photo en France m'a permis d'éveiller la curiosité de nombreuses personnes sur l'écureuil roux car il est extrêmement connu, mais très peu de personnes connaissent réellement sa façon de vivre. Donc comment savoir si l'on fait du mal à la nature, si on ne sait pas comment elle fonctionne. Il est important de remettre la nature dans les sujets majeurs de notre éducation.

 

Qu'est-ce qui, selon vous, rend les écureuils roux si captivants pour les photographes, et avez-vous une expérience particulière ou une histoire amusante liée à la capture d'images d'écureuils roux ?

Nicolas Vaclavik : Les écureuils roux sont sans doute l’un des animaux les plus captivants et attachants que l’on puisse photographier. Ils incarnent la curiosité, l’agilité et un côté espiègle qui ne cesse de fasciner. Leur petite taille, leur fourrure douce et leurs mouvements rapides ajoutent une dimension presque magique à chaque image. Ils sont comme des petits acrobates de la nature, passant d’un arbre à l’autre avec une rapidité stupéfiante. Capturer ce type de mouvement dynamique avec précision et beauté est toujours un défi, mais aussi une récompense incroyable.

Personnellement, j’ai une affection toute particulière pour les écureuils roux, notamment à cause d’une expérience magique que j'ai vécue dans le jardin de mes parents. Un été, j’ai eu la chance de suivre l’histoire d’un couple d’écureuils qui a nidifié dans un if, un arbre majestueux. Ils ont eu des petits, et j'ai pu observer la croissance de ces jeunes écureuils au fil des mois, un moment rare que j’ai eu la chance de photographier de manière intime. Il y avait quelque chose de très spécial dans le fait de suivre leur évolution — de les voir sortir du nid, faire leurs premières explorations et interagir avec leurs parents.  C'était une scène pleine de vie, d'énergie et de tendresse. Ces instants, où la nature nous permet de partager un peu de son quotidien, sont inoubliables.

La dernière scène incroyable fût en janvier 2025 où deux écureuils se sont présentés devant moi lors d'un affût en forêt parisienne et que d'un coup un rapprochement s'est opéré, une scène de vie réservée à un public majeur a eu lieu devant moi, jamais je n'aurai pensé vivre cette scène de leur vie en direct devant moi.

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En quoi pensez-vous que vos photographies peuvent influencer notre perception de la relation entre l'environnement naturel et l'urbanisation ?

Nicolas Vaclavik : La question de l’urbanisation et de l’environnement naturel est de plus en plus pressante. Nous vivons dans un monde où les espaces verts sont de plus en plus réduits, et où la nature est souvent perçue comme une entité séparée des zones urbaines. Pourtant, la réalité est bien différente : la nature et l’urbanisation sont intimement liées. Les espaces naturels sont souvent engloutis par l'expansion des villes, mais la faune, elle, essaye de trouver des moyens d'adaptation pour vivre dans ces environnements modifiés quand elle y arrive.. D'ailleurs la plupart de mes photos sont réalisées dans les bois parisiens qui sont de plus ne plus envahis et modelés par l'homme et la faune n'a d'autres choix que de se plier à ses dérangements.

À travers mes photographies, je cherche à montrer cette cohabitation complexe. Par exemple, certaines espèces comme les écureuils ou les renards se sont adaptées à la vie en ville, trouvant des refuges dans les parcs, les jardins, voire dans des espaces abandonnés. En capturant ces moments, je souhaite attirer l'attention sur cette réalité souvent invisible : la nature persiste, mais elle doit faire face à de nombreuses difficultés pour coexister avec l'urbanisation. La photographie est une manière de faire comprendre que nous avons un rôle clé à jouer dans la préservation de cette harmonie fragile entre la ville et la nature.

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Quel matériel utilisez-vous pour vos prises de vue ?

Nicolas Vaclavik : J'utilise actuellement le Nikon Z8, un appareil qui offre une incroyable performance en matière de rapidité et de précision, deux éléments essentiels pour la photographie animalière. Le Z8 combine une grande réactivité, même dans des conditions de lumière difficiles, avec une qualité d’image exceptionnelle. Ce modèle est parfait pour les situations où la moindre seconde compte, comme lors de prises de vue d’animaux en mouvement rapide.

Côté objectifs, je travaille avec un Nikon 400mm f/2.8, qui est idéal pour capturer des animaux à distance tout en conservant une belle profondeur de champ. L'ouverture large de cet objectif permet également de faire ressortir des détails subtils, tout en estompant le fond de manière élégante. J’utilise également un Sigma 150mm f/2.8 macro, un objectif qui me permet de me rapprocher des sujets minuscules pour capturer les moindres détails. Cet objectif est parfait pour la macrophotographie et la proxiphotographie, me permettant de photographier de petits insectes ou de capturer des moments intimes avec des animaux très proches.

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